par Thu-Ha Tô, COGI-PME INC, le 5 octobre 2013

M. Michel Leblanc, Président de La Chambre de commerce Montréal Métropolitain a organisé le lancement du rapport du  CTSI le 3 octobre dernier en invitant une centaine de gens d’affaires de Montréal à l’Hôtel Delta. C’était grandement apprécié par les participants présents. M. Howard Alper,  le président de CTSI a  révélé des résultats dont certains encourageant et d’autres plus inquiétants, car ces derniers pourraient nuire  à productivité du pays au niveau mondial devenu de plus en plus compétitif avec les progrès fulgurants des pays émergeants.

Le succès du Canada au 21e siècle dépendra en grande partie de sa capacité d’exploiter les sciences, la technologie et l’innovation (STI) afin d’assurer la prospérité économique et d’améliorer le bien-être de la société. Les STI sont essentielles à la croissance accrue de la productivité. Ils permettent la création d’emplois de qualité, l’établissement et l’expansion d’entreprises ainsi que la résolution de problèmes environnementaux, sociaux et de santé urgents.(*)

Le Canada possède des bases solides en science, technologie et  innovation (STI) sur lesquelles bâtir, mais il doit faire mieux et, dans certains domaines, beaucoup mieux. Il incombe à tous les participants de l’écosystème des STI de jouer un rôle dans l’amélioration du rendement visant à placer le Canada dans le groupe des pays de tête en matière d’innovation. Il ne s’agit pas seulement d’investir plus, mais d’investir de façon plus stratégique et cohérente, en prenant exemple sur les leaders mondiaux en STI et en saisissant les occasions qui se présentent.  (*)

Le Québec comme le Canada n’investissent presque pas dans la commercialisation des  innovations et recherches scientifiques

Le Québec comme le Canada n’investissent presque pas dans la commercialisation des  innovations et recherches scientifiques selon le rapport 2013 du Conseil des sciences et technologie et de l’innovation. En effet, selon les statistiques seulement 1 % des idées innovantes deviennent réalité. On pourrait peut-être améliorer ce ratio de réussite des innovations de 1% à 5% ou même 10 % afin de rentabiliser les importants  investissements du CSTI  qui sont de l’ordre de 30 milliard par année au Canada.

Pour quoi on ne mettrait pas 20 % ou 30 % de ce budget colossal réservé pour soutenir  la commercialisation des innovations technologiques ? 

Pour qu’un nouveau produit voit le jour, la proportion de budget  consacré à la commercialisation est de l’ordre de plus de 70 %. La commercialisation coûte très cher et ce n’est pas à la portée des PME qui constituent le tissus industriel le plus important mais le moins nanti et le moins soutenus par les gouvernements aussi bien au Canada, au Québec que dans d’autres pays du monde.

Bien qu'elles créent la moitié des emplois, les PME reçoivent une part congrue du financement dans les pays du G20, indique une nouvelle étude obtenue par La Presse Affaires. Le Canada n'est pas différent, bien que ses entreprises en démarrage ont plus facilement accès depuis cinq ans aux capitaux des anges investisseurs et du gouvernement.(2) (selon André Dubuc dans son article Les PME, parents pauvres du financement )    

Selon les études réalisées sur les pays de l’Europe (3), les PME ont créé 85 % de l'emploi dans l'Union européenne entre 2002 et 2010.Ce sont les PME qui créent 25 % des nouveaux emplois au Québec et 50 % de l’ensemble des emplois totaux. Les entreprises ayant moins de 50 employés, y compris celles sans employé, représentent 97,8 % de tous les établissements commerciaux au Canada. Les moyennes entreprises comptant de 50 à 499 employés constituent 2,1 % de toutes les entreprises au Canada.(4)

Selon les statistiques de FCEI, (5)
Nombre de PME au Québec: 242 710  
95 % des PME ont moins de 50 employés
63 % des PME ont un chiffre d'affaires de 500 000 $ ou moins
25 % des entrepreneurs travaillent plus de 60 heures par semaine
Nombre de PME par 1000 habitants en 2009: 58 (68 en 2004)
Faillites commerciales au Québec en 2009: 38 % (33 % en 2007)

Nouveau fonds de 400 millions  $  pour le Plan d’action pour les capitaux de risque

Une bonne nouvelle pour aider les innovations:  le Canada a annoncé l’octroi de nouveaux fonds de 400 millions de dollars dans le cadre du Plan d’action pour le capital de risque pour résoudre un problème majeur du manque de capitaux de risque au Canada par rapport à nos voisins du Sud, les États-Unis.

Le manque de capital de risque au Canada demeure un problème majeur pour la croissance des entreprises innovatrices et pourrait nuire à l’amélioration de l’intensité des DIRDE. Les données présentées au chapitre 4 montrent que le Canada est dépassé par de nombreux pays en ce qui a trait au capital de risque en pourcentage du PIB, et qu’il existe un important écart entre le Canada et les États-Unis en matière d’investissement de capital de risque. Dernièrement, le gouvernement fédéral a pris des mesures pour combler cet écart en annonçant l’octroi de nouveaux fonds de 400 millions de dollars dans le cadre du Plan d’action pour le capital de risque201. Le gouvernement devrait se servir de cette mesure comme tremplin pour lancer d’autres initiatives, dont l’examen des politiques gouvernementales pour favoriser le capital de risque et de nouvelles mesures pour combler d’autres lacunes, comme la pénurie d’entrepreneurs perpétuels (1)

Augmenter le soutien direct de R-D

Il faudrait  augmenter davantage le soutien direct à la R-D des entreprises  qui reste encore à un niveau insuffisant et même très bas, soit de 12 % en diminuant le soutien indirect à la Recherche et Développement des entreprises

le soutien à la R-D des entreprises au Canada est grandement axé sur le soutien indirect, contrairement à la plupart des pays. Parmi les 10 pays les plus innovateurs au monde (selon le ratio DIRDE-PIB et le ratio DIRD-PIB), le soutien direct en 2010 représentait environ 70 % du soutien gouvernemental total à la R-D des entreprises, tandis que celui du Canada ne représentait qu’environ 12 %.(1)

Augmenter le budget de Recherche appliquée

L’essentiel du rapport de CSTI a indiqué que le Canada n’investit pas assez dans la recherche appliqué pour que les résultats des recherches fondamentales puissent se traduire en résultats concrets pour améliorer la productivité des entreprises PME qui sont plutôt préoccupées par le rendement opérationnel et leur survie.  

Le secteur de l’enseignement supérieur au Canada peut également jouer un rôle important pour favoriser l’innovation des entreprises en adoptant d’autres initiatives afin de soutenir « le transfert des connaissances axé sur les gens ». Cela signifie renforcer la collaboration avec l’industrie dans le cadre de recherches à long terme axées sur les découvertes et de recherches appliquées plus près du marché, ainsi qu’élargir la portée des programmes qui appuient l’apprentissage intégré au travail des étudiants et des diplômés en STI et mettre sur pied des programmes de cours visant à combler l’écart entre les connaissances scientifiques et les compétences en affaires. (*)

Dans le secteur des services, le rendement du Canada est médiocre par rapport à celui d’autres pays de l’OCDE; dans le secteur de la fabrication, la situation est lamentable : la part des RHST dans la main-d’oeuvre est parmi les plus basses de l’OCDE. Un plus grand soutien des secteurs public et privé pour les initiatives d’apprentissage intégré au travail aiderait les diplômés en STI à faire la transition vers un emploi productif et montrerait aux employeurs potentiels ce qu’ils peuvent apporter à leur entreprise. (*)

Défi à relever pour CSTI, horizon 2015-2020 :  
Collaboration des acteurs en technologie, industrie, commercialisation et capitaux de risque.   

Il y a encore de grands défis à relever pour  valoriser  et encourager  la contribution des acteurs en commercialisation des innovations scientifique et technologique et aussi faire tomber les préjugés du monde scientifique et académique pour le monde de la commercialisation et des capitaux. Ce défi ne serait relevé que par le rapprochement de ces deux mondes par des projets communs à réaliser qui permettrait au monde scientifique et académique d’apprécier l’apport du monde de la commercialisation et des capitaux .  Les problèmes humains aussi complexes en commercialisation que les problèmes scientifiques et technologiques des laboratoires qui sont peut-être plus facilement contrôlables que les paramètres des relations humaines.  

Les chambres de commerce et les écoles techniques ou universités  pourraient,  chacun selon les opportunités et les initiatives de chaque milieu, jouer un rôle important dans cette démarche de rapprochement des deux mondes et dans la valorisation de l’apport du monde de la commercialisation  et des capitaux à la rentabilité des résultats de recherches scientifique et technologique.

Il faudrait encourager les acteurs technologique, scientifiques et académiques à travailler en étroite collaboration avec les acteurs des industries, du commercialisation et des capitaux de risque afin de créer une synergie et conduire à des résultats concrets  afin de rentabiliser les investissements importants en recherche fondamentale et appliquée dans divers secteurs économiques ( santé, biologie, agriculture, transport, énergie,TI, environnement, etc ).

 

SOURCES :
(1) Rapport du Conseil des Sciences, Technologie et Innovation ( CSTI) http://www.stic-csti.ca/eic/site/stic-csti.nsf/fra/00068.html
(2) André Dubuc dans son article Les PME, parents pauvres du financement . 
(3) Les PME ont créé 85 % de l'emploi dans l'Union européenne entre 2002 et 2010, article dans Le monde
(4) Yvon Laprade, Un peu d'oxygène à la PME, et le Québec respirera mieux, Devoir, 7 septembre 2011 ,
(5) Selon les statistiques de FCEI, 

Le 5 octobre 2013

Thu-Ha Tô, présidente
COGI-PME INC, Conseils en gestion, 
www.cogi-pme.com, Tel : 450-724-089,